Singapour, dimanche 13 janvier 20123 (J+520)

Publié le par journaldebordmadeinsingapour

Il est tard à Singapour et à cette heure-ci des centaines de personnes sont en train de défiler darainbow2.pngns les rues de Paris à crier leur refus du mariage homosexuel et quelque part leur haine à la face du monde. Il y a 10 ans de cela je me souviens des manifestations anti-PACS et des affiches « les pédés au bucher » qui m’avaient fait pleurer sur un trottoir de Paris. Et rejoindre pour la première fois les rangs d’Act Up Paris.

Ce soir je pense à mes ami-es pédés – gouines - qui ne savent pas trop, à leur enfants qui ont deux mamans et qui vont sacrément bien, à ce principe d’égalité et à ces valeurs d’amour et de solidarité dans lesquels je m’efforce chaque jour d’élever les miens. Ce soir je suis loin et je suis triste.

Ce n’est pas la première actualité hexagonale qui me touche depuis que nous avons quitté la France il y a 18 mois. D’autres fois j’ai eu envie d’être dans la rue, de participer au débat citoyen en vrai et pas à travers un écran d’ordinateur ou simplement en en parlant à table avec les enfants.

Etre loin c’est être privée du débat national ? oui de fait. On a même entendu dire ces derniers mois que quand on ne paye plus ses impôts en France, on devrait perdre aussi le droit de vote. Pourtant j’ai voté l’an passé, 4 fois. Et je n’ai jamais autant été autant vue et perçue comme avant tout française, que lorsque je vis à l’étranger.

Ce soir je suis Française - de loin, de gauche - un peu déçue, hétérosexuelle - apparemment, et je n’arrive pas à dormir quand je regarde mon pays.  

 

 

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russe Ardeche 22/01/2013 07:47

Qu'est ce qui fait la singularité de Singapour?